Union locale SUD/Solidaires Aubervilliers

Union des syndicats SUD/Solidaires d'Aubervilliers

Cours de droit du travail : retours sur le droit au chômage

Un cours de droit du travail un peu spécial : quels droits du travailleur au chômage ?

L'union locale d'Aubervilliers a accueilli ce samedi 19 mai pour son cours de droit du travail, le mouvement national des chômeurs et précaires. Fondé à la fin des années 90 par des chômeurs et précaires, ce mouvement fait à la fois de l'accompagnement et de l'aide aux chômeurs et précaires et analyse les réformes. Il travaille avec des nombreux autres groupes de précaires et de chômeurs (APEIS, CIP...) mais aussi avec des syndicats tels que la CGT Chômeurs ou, bien sûr, Solidaires. Le 3 mai, une marche en arrière fut organisée pour dénoncer la réforme à venir

La fin de l'assurance chômage ?

La première partie de la discussion a porté sur les réformes en cours du chômage et la disparition de l'assurance chômage. En effet, jusque là le chômage était une assurance : les travailleurs cotisaient au cas où ils-elles se retrouvent au chômage dans le futur. C'est ce qu'on appelle un "salaire différé". Or le gouvernement actuel a entamé une étatisation du système de chômage et sa transformation en « aide sociale » sur le modèle d'une charité donnée. Finies les cotisations et le fait d'être indemnisé à hauteur de son ancien salaire et de ses cotisations, ce sera désormais l'impôt qui financera les sommes versées aux sans emplois. C'est toute la philosophie de cette période sans travail (souvent contrainte, parfois choisie) qui change. Le MNCP prévoit l'aggravation des situations avec :

- la possibilité que soit créé un montant unique pour tous les allocataires

- le fait que des restrictions budgétaires pourrait être appliqués sur les allocations selon le budget de l’État.

Des problèmes pour les chômeurs qui vont en s'aggravant.

Cette transformation inquiétante du système de chômage ne doit pas occulté les nombreux soucis déjà existants. Il a été précisé que l'Unedic était un organisme privé, qui d'ores et déjà, est juge et parti sur ses décisions. Jusqu'il y a deux mois, il était possible de faire appel au préfet pour contredire une décision (il y a quelques années, l'inspection du travail pouvait intervenir), c'est désormais impossible. Les chômeurs sont aujourd'hui de plus en plus contrôlés, ce qui n'était pas le cas dans les années 90. Le MNCP date de Nicolas Sarkozy l'apparition d'un discours forts contre les chômeurs, qui visent à les culpabiliser.

Par ailleurs, Pôle emploi est un monde de l'absurdité. Le MNCP a déjà fait dû faire remonter que le fait d'avoir apposé des interphones devant toutes les agences empêchaient les demandeurs d'emploi sourds et muets de se rendre à leur rendez-vous. Pour s'inscrire à Pôle emploi, il faut maintenant remplir tout sur internet: faire son dossier, même quand on a l'habitude, prend 50 minutes !

De plus, les conseillers et conseillères pôle emploi, peu formé-e-s, peuvent donner des réponses différentes, tant le système est compliqué. 

Plusieurs situations concrètes ont aussi été abordées issues des expériences des présents : des formations de très mauvaise qualité prescrites par pôle emploi, les très grandes difficultés de pouvoir s'inscrire à cause de la plate-forme informatique, la rareté des formations d'alphabétisation ou de savoirs de base car les personnes ne parlaient pas français (sic), le fait de ne pas informer les chômeurs qu'ils ont droit à 5 semaines de congés par an…

 

Un syndicat et une association de chômeurs, quelles suites ?

La conclusion, difficile car il restait beaucoup à dire, a plus ou moins porté sur les potentialités d'avenir :

- voir comment les chômeurs pourraient assister à des stages syndicaux par CFESS (congés de formation économique, social et syndical), ce à quoi ils ont droit.

- renvoyer vers les permanences du MNCP des chômeurs qui viendraient aux permanences de l'UL.

- la nécessité de faire entendre que la question du chômage concerne tout le monde et qu'à l'instar des grévistes de la SNCF ou de la santé, ces associations luttent pour défendre un services public et méritent d'être soutenue et aidée.

- regarder et soutenir l'idée d'une intégration du chômage dans le droit du travail. Une proposition de juristes a été faite qu'on peut retrouver ici : http://pact2016.blogspot.fr/

 

Le prochain cours aura lieu le 23 juin et portera sur la formation professionnelle. Elle aussi visée par une réforme d'ampleur... 

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article